Affaire des wagons Conakry-Dubreka/ le ministre Aboubacar Sylla dit tout

Revenant ce mercredi 4 septembre, lors d’une conférence de presse qu’il a
animée à Conakry, sur l’affaire des wagons achetés en Suisse par la Guinée, le
ministre en charge des Transports, Aboubacar Sylla, a donné des détails sur ce
marché.

De prime abord, il a précisé : « Nous avons pris sur nous,
l’initiative de rechercher des moyens pour que comme sur la ligne CBK, qui va à
Kagbélén par Conakry Express, que nous lancions un autre train sur la voie de
Friguia qui est une voie métrique, pour transporter les personnes, qui sont des
riverains de cette ligne de chemin de fer. Dieu sait que la densité est très
forte dans les quartiers qui sont traversés par cette ligne. Donc ce serait pour
soulager de façon significative, les Guinéens, en tout cas les Conakryka. »

Nous avons estimé que 6 voitures c’était insuffisant pour constituer une rame complète

« On a fait l’inventaire des moyens dont nous disposions au niveau de
la société nationale des chemins de fer. On dispose toujours de 2 locomotives,
de six voitures de passagers qui ont été offerts à la société nationale de chemin
de fer par le groupe Bolloré, quand le groupe s’installait ici. Nous avons
estimé que 6 voitures c’était insuffisant pour constituer une rame complète pour
un train. Ça aurait transporté trop peu de passagers et ça aurait consommé le même
nombre de carburant que par exemple ConakryExpress, que ça ne devrait donc pas être
rentable. Il fallait donc trouver des voitures supplémentaires pour avoir une
rame plus longue »

Il n’y a pas de possibilité d’avoir des wagons neufs même quand on en a les moyens…

« Nous avons demandé à la société nationale de chemin de fer de
rechercher sur le marché. Mais cette société se heurte à un problème. C’est que
la ligne de Friguia à la différence de la ligne de CBK est une ligne qui a une
voie métrique ; c’est-à-dire que l’écartement des rails est d’un mètre.
Alors que l’écartement des rails pour CBK est de 1 mètre 435. C’est ce qu’on appelle
les voies standards et c’est les nouvelles voies. Les voies métriques ne sont
plus fabriquées, ne sont plus installées. Et ce sont des voies qui supportent des
locomotives et des wagons, qui ne sont plus fabriqué dans le monde depuis des décennies,
parce que c’est une technologie qui est en voie de disparition. Parce que de
plus, les rails son rapprochés, moins, il est possible d’acquérir de la vitesse,
parce qu’il y a un problème de gravité, quand les engins sont étroits, le centre
de gravité est plus haut (…) donc il n’y a pas de possibilité d’avoir des
wagons neufs même quand on en a les moyens en ce qui concerne les voies
métriques, que ce soit les wagons, ou les locomotives »

nous avons tergiversé pendant 3 à 4 mois

« La société nationale de chemin de fer, a consulté sur le marché par
voie d’internet et par d’autres moyens, et finalement a pu localiser des wagons
en suisse, mais nous avons évalué le prix, nous devrions donc l’acquérir, la
société nationale de chemin de fer n’avait pas les moyens, au niveau du département,
nous on en n’avait pas non plus les moyens. Finalement, nous avons tergiversé
pendant 3 à 4 mois, entre temps, ces wagons ont été acquis. Donc nous avons
cherché de nouveaux wagons. Et ces wagons ont été identifiés par la société
national de chemin de fer en Suisse, on a pu identifier les wagons, qui n’étaient
mêmes pas ensembles, il a fallu les regrouper, les envoyer au port d’Anvers,
pour pouvoir les embarquer. »

Ce sont des wagons qui datent de 1964… 

« Ces wagons ont été acquis à 5000 francs suisse, c’est 4000 euros,
c’est-à-dire que le wagon a couté 1000 euro, c’est pratiquement un don. Mais c’est
des wagons, comme on l’a dit qui sont fabriqués depuis les années 60, certains
en ont déduit que 1960. Les années 60, c’est 1960 à 1969. Ce sont des wagons
qui datent de 1964. A priori, on peut penser que ce sont des wagons qui sont extrêmement
vieux. Mais si les journalistes qui ont évoqué ce sujet, avaient pris leur
simple smartphone, aller sur Google, taper, durée de vie, voiture de train. Ils
auront vu que la durée de vie minimum c’est de 50 ans sans rénovation. Si vous
voulez, vous pouvez le faire dans la salle, si vous allez sur Google tout de
suite, vous demandez la durée de vie de certains wagons, on vous dira,
aujourd’hui il y a le métro Buenos-Aires en Argentine, qui a des wagons qui
sont fabriqué depuis 100 ans. Un wagon c’est quoi ? c’est une carrosserie
avec des sièges à l’intérieur. Ce n’est pas motorisé, c’est juste quelque chose
qu’on tracte. Donc dès qu’on change les sièges, on les remet à neuf, on change
les roues, en bas, ont repeint les wagons, il est encore utilisable. D’autant
que dans le passé, des wagons qui se fabriquaient c’était des wagons totalement
rudimentaires, il n’y avait pas d’électronique, faits totalement en ferraille,
qui peuvent tenir donc pendant très longtemps, pour peu qu’on rénove, tous les
10 ou 20 ans. »

Ils se sont contentés d’un article qui a été diffusé dans une presse locale en Suisse…

« Donc s’il y avait une bonne foi, ou qu’il y avait un minimum de professionnalisme
de la part de ces journalistes, ils allaient se rendre compte que c’est presque
des dons. 1000 euros, un wagon, c’est presqu’u don qui nous a été fait, donc on
avait aucune raison de le refuser (…) mais il n’y avait aucune bonne foi derrière.
En aucun moment, ces journalistes ne se sont déplacés pour aller à la société nationale
des chemins de fer, pour poser un minimum de question. Ils se sont contentés
d’un article qui a été diffusé dans une presse locale en Suisse, par des autorités
qui étaient très contentes d’avoir donné des wagons à un pays en développement,
donc qui en ont fait une sorte de publicité, pour dire que dans un cadre
humanitaire, nous avons donné des wagons à un pays et ça va servir à transporter
des Guinéens de Conakry jusqu’à Dubreka. On se saisit de ce dossier, on dramatise
tout et on ne cherchant pas la moindre information. »

Si en Guinée, il peut y avoir un scandale autour d’un marché de 4000 euros

« Mieux que ça, on nous a fait croire dans les dossiers, que les
trains ont été achetés vieux, au prix du neuf. Qu’on nous a donné de l’argent
pour acheter des wagons neufs, et qu’on a acheté des wagons vieux, certainement
pour empocher la différence. Si en Guinée, il peut y avoir un scandale autour
d’un marché de 4000 euros, je peux dire que c’est bien, cela veut dire que la
gouvernance du pays s’est sensiblement améliorée. Peut-être qu’on aurait acheté
à 1000, 2000 ou 3000 euros et peut être qu’il y a 1000 qu’on s’est partagé avec
le secrétaire général, le chef de cabinet, la direction des chemins de fer.
Tout cela c’est pour vous dire qu’il n’y avait que la malveillance, la mauvaise
foi et le manque de professionnalisme derrière ces informations qui ont été
diffusée »

Les moyens qui ont été mis à notre disposition pour acquérir ces wagons, ne viennent pas du budget de l’Etat… 

« C’est avec plaisir que je vous dis. Ces moyens qui ont été mis à
notre disposition pour acquérir ces wagons, ne viennent pas du budget de
l’Etat. C’est par le plus grand des hasards que nous avons été informés que la
société Guinomar, qui a fait l’objet de liquidation depuis 2013 ; que
cette société ou la Guinée était actionnaire à 50% avec une entreprise norvégienne
qu’on appelle Clavness, dans le cadre du transport maritime de minerais. Cette
société avait un compte qui dormais quelque part à Oslo. C’est la direction de Clavness
qui nous a écrit, pour nous dire attention, on a un compte ici, qui encore un
solde résiduel, il faudrait qu’on ferme définitivement le compte. Donc étant
donné que vous étiez actionnaire comme nous, donc vous avez droit à 50%. Peut-être
que sous d’autres cieux, peut-être qu’on aurait cherché à canaliser ce montant
quelque part, et il serait passé inaperçu. Nous avons écrit au ministre des Finances,
nous avons écrit au premier ministre et nous avons demandé à ce qu’on nous aide
à utiliser ce montant qui était imprévu qui n’était pas attendu dans les
caisses de l’Etat, qu’on l’utilise à acquérir quelques moyens pour aider à mettre
en route le train voyageur Conakry-Dubreka. Mais en même temps pour réparer
quelques bus chinois dans l’ancien stock de bus de SOTRAGUI, pour s’ajouter au
50 bus que les turcs nous ont offerts, afin de renflouer un peu le parc de bus.
Donc l’accord a été donné en conseil de ministre et donc ce montant a été mis à
notre disposition. Mais on n’a pas récupéré l’argent pour le mettre dans les
terroirs du ministère des transports, nous avons demandé à ce que ce montant
soit viré dans le compte de la société navale guinéenne qui est un peu l’équivalant
de Guinomar. Et pour faire le moindre mouvement de ce compte, la société
nationale de chemin de fer, nous adresse une facture, pour nous dire voilà ce
que nous voulons acheter, voilà le prix (…) lorsque les factures arrivent au
cabinet, c’est monsieur le secrétaire général au nom du ministre qui écrit à la
société navale, en annexant les contrats 
signés par la société nationale des chemins de fer et les  fournisseurs, ce dossier est transmis à la
société navale, on demande à ce que le payement soit fait ;  la directrice de la société navale, transmet
le même dossier  au gouverneur de la
banque centrale puisque le compte de la société navale y est domicilié, pour
demander à ce que le virement soit fait au compte du fournisseur. Aucun payement
n’a été fait par chèque, encore moins en espèces. Qu’on me dise quel est le
marché qui fait l’objet d’autant de transparence, surtout d’autant de traçabilité.
Que vous veniez au cabinet du ministère des Transports, que vous alliez à la
société nationale des chemins de fer, que vous alliez à la banque centrale,
vous trouverez tous les décaissements qui ont été faits, avec toutes les pièces
justificatives. »

Abdou Lory Sylla
pour Guinee7.com

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