Campagne de reboisement à Conakry : Quand les forces de l’ordre s’impliquent

Plus d’une cinquantaine d’agents de
la police et du corps des conservateurs de la nature, des activistes de la
société civile, en compagnie du ministre de l’Elevage, ont marché à Conakry, ce
samedi 7 septembre, pour la protection de l’environnement. Scandant des slogans
tel « le réchauffement climatique est une réalité en Guinée, agissons », ou
encore « un Guinéen, un arbre », ces manifestants ont fait près d’une heure de
marche entre le rond-point du centre émetteur (Kipé) et la zone réservée de
Démoudoula où ils ont reboisé plus de 2000 plants.

Cette activité s’inscrit dans le
cadre du projet « campagne de reboisement des départements ministériels,
ambassades, institutions et entreprises » de la structure CIPAD (Community
Initiatives for Peace and Développement) et qui a démarré depuis le 24 août
dernier.

 Selon Roger Patrick Millimono, ministre de l’Elevage,
cette initiative est une occasion de mobiliser toutes les entités autour des
zones dégradées et d’échanger sur la problématique de gestion des ressources
forestières. « Car, ajoute-t-il,
force est de constater que toutes les forêts urbaines et péri-urbaines de la
ville de Conakry, ainsi que de tout le pays, sont confrontées à de fortes
pressions de la part des riverains. C’est pourquoi l’action de reboisement de
cette forêt de Démoudoula et des autres forêts péri-urbaines de Conakry, constitue
un signal fort de l’ONG CIPAD qui se place en droite ligne de la volonté
politique du gouvernement guinéen ».  

De son côté, le directeur central de
la police judiciaire, Malick Koné, s’est penché sur le bien-fondé de la
participation de son institution à une telle activité. « L’environnement c’est
notre bien commun, c’est notre espace commun de vie et la sécurité commence par
ça déjà. Si l’environnement est menacé, le rôle des pouvoirs publics et des
autorités, c’est de veiller, par principe de précaution, à avoir des procédures
urgentes pour parer à cette éventualité et développer notre résilience »,
a-t-il fait savoir.

Avant de préciser : « dans le cadre
d’Interpol et de la police judiciaire, nous agissons contre le crime faunique,
le crime environnemental, donc il est de notre devoir d’assister les
environnementalistes à planter des arbres, pour pouvoir quand même parer à ces
éventualités… mais aussi faire un acte citoyen ».

Quant au président exécutif de la
structure CIPAD, Mamadi Aminata Touré, il a déclaré qu’à travers ce projet qui
a pour objectif de reboiser au total 1 million 500 mille plants, « nous voulons
que la Guinée soit une capitale africaine de l’environnement, c’est pourquoi
nous avons initié ce programme qui implique même l’armée, la société civile et
tous les autres corps, pour que chacun pose un acte de citoyenneté en plantant
un arbre ».

Parlant du choix porté sur le site de
Démoudoula, il a expliqué : « nous nous sommes dit que vue l’installation des
différentes maisons qui sont en train de se créer à petit feu dans la zone,
c’est une forêt classée et il faut la sauver. Donc c’est une façon d’attirer
l’attention de la communauté locale, pour dire qu’ils doivent cesser dans cette
zone ou encore mieux, les inciter à reboiser. »

Après avoir précisé que pour ce
projet, il y a un mécanisme qui est mis en place pour le suivi et évaluation
dans lequel le corps des conservateurs de la nature est impliqué, le président
du CIPAD a annoncé que la prochaine étape, c’est le vendredi prochain au niveau
du lac de Sonfonia avec cette fois les ambassades, les institutions
internationales et les entreprises.

Mohamed Soumah pour Guinee7.com

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