Je m’étonne que sur les différentes lites du FNDC… (Par Ibrahima Sanoh)

« Pour atteindre le centre, le pouvoir, il faut
balloter sa périphérie », voilà ce qui est enseigné dans de nombreux ouvrages
qui  ambitionnent  de faire passer un pays de la dictature à la
démocratie.  La non-violence défendue
dans ces ouvrages requiert une autodiscipline pour réussir et porter des
fruits. La contextualisation de l’approche, l’autodiscipline, voilà les Key
Success Factors !

Quand un dirigeant aspire à la fraude à la constitution,
son entourage lui sert de cautions multiples : politique et morale.  Cet entourage, est-il  autant coupable que celui dans l’assurance et
le soutien de qui, il tient ses opinions ?   

Je
m’étonne

Je m’étonne que 
sur les différentes lites du FNDC – pour peu que celles-là aient une
importance-, que le nom du Président Alpha Condé ne figure jamais.  Je m’entonne que les listes aient  été établies sans  qu’on ait mentionné  son nom. 
Il n’a rien dit, dira-t-on. S’il n’a rien dit, si l’on doute encore de
ses convictions, qu’on arrête de tomber des bravades.

Des fonctionnaires, des ministres, des politiques et
même des universitaires guinéens et étrangers sont considérés pour leurs
opinions ou pour leurs silences ou même à cause de leurs  collaborations avec le Président, qu’on ne
cite pas sur aucune des listes, comme des ennemis de la Guinée.

Peut-on imaginer un ministre battre campagne pour un
projet que le Président qui peut le révoquer de ses fonctions  désapprouve ? Les ministres, les amis et
les collaborateurs du Président peuvent-ils le conduire à tenir une
opinion  en laquelle il ne se reconnaît
pas ? Peut-il avoir une exploitation 
du Président par ses amis et collaborateurs sans la collaboration
bénévole ou même forcée de celui-ci ? Pour avoir refusé consciemment ou
inconsciemment, peut-être plus consciemment qu’inconsciemment, de mentionner
son nom au premier rang de la première des listes ou de toutes les listes, à
quoi vaut de s’en prendre à ceux qui ne joueraient  que des rôles secondaires ?

Je
m’étonne encore

Je dois le dire ici et de façon la plus claire :
je n’ai pas aimé que le Pr.Zogbélémou ait été considéré comme ennemi de la
République pour avoir dit ses opinions. Un intellectuel doit-il refuser de dire
son opinion sur une question nationale sur laquelle il lui est reconnu des compétences
? C’est un universitaire, pour l’avoir déclaré ennemi de la République après
qu’il a fait savoir  ses opinions,  la liberté académique est menacée dans notre
pays.   Cela est très grave. Peut-on défendre la
démocratique  en faisant la promotion de
la censure ?  C’est par la raison
discursive qu’on fait taire un universitaire et non par l’intimidation.

Sur quelle base 
peut-on déclarer un citoyen d’ennemi de la République ?  Sur son opinion de la veille ? Sur son
silence ? L’approche adoptée est la consécration de l’oubli de commandement.
Elle est dangereuse.  Elle pose un
problème phénoménologique de la mémoire et peut être appréhendée à partir des
questions suivantes : de quoi y a-t-il souvenir ? de qui est la
mémoire ? de quoi se souvient-on pour déclarer qu’Untel est un ennemi de
la République ? que fait-on de ses actes d’hier ?

On est tombé dans 
la banalité.  Comment peut-on
déclarer ennemi de la République : celui qui a joué un grand rôle avec le
Président Konaté dans la transition ? 
Comment peut-on le déclarer ennemi de la République alors que ses
actions dans le dénouement des crises syndicales passées sont établies ?
Comment peut-on le déclarer d’ennemi de la République  alors qu’il a, au nom de la Guinée et pour sa
gloire,  œuvré au  dénouement des crises dans la
sous-région ?  Si nous défendons
aujourd’hui cette constitution, c’est parce que quelqu’un a bien voulu qu’elle
soit établie en un moment donné. Si ceux qui étaient à ses  côtés n’en voulaient pas, l’aurait-il
réussi ?  Tibou Kamara n’est pas un
ennemi de la Guinée. 

Je
m’étonne d’avantage

Je suis étonné de voir que les groupies ici et là
parlent au nom du peuple. Elles ont ôté au peuple son esprit, son corps et son
âme ; elles sont à présent le peuple. 
Le peuple,  c’est autre. Le peuple
vrai, c’est ces personnes qui ne savent même pas c’est quoi une constitution. Le
peuple vrai est indifférent- c’est malheureux de le dire -, face à la crise
factice qu’évoquent partout  ceux qui
distillent, comme ils savent le faire pour leurs comptes, des ramassis
d’ignobles commérages sans preuves.

 Si le peuple de
Guinée  se montre fataliste et se résigne
à son sort, c’est son affaire . 
Qu’on le laisse  dans son inertie
dès lors qu’il ne se plaint pas.  Mais
que personne : mouvance ou opposition ou même club de copains ne  parle en son nom. 

Quelques personnes ont le courage de parler au nom du
peuple, de son montrer plus dignes de la Guinée que ceux qui ne sont pas avec eux,
qui ne lancent pas les bravades comme eux.  Ils sont devenus des gladiateurs pansus  et un pan de la population est devenu ses
fans.   On est bien dans  le spectacle et c’est grave.

On est tombé bas. On est tombé très bas.  La situation que nous vivons est similaire à
celles des rochers qui n’apparaissent que dans l’abaissement des  mers. Je ne vois plus de citoyens dans ce
pays.  La Guinée ne regorge plus que des
militants. Elle court à son péril. On a abusé  de la foi des foules pour
le salut de quelques personnes.  A
vouloir faire trembler les gens à coups de menace, on a réussi l’effet
contraire : la  volonté de se
fossiliser pourrait s’emparer d’eux  afin
de se mettre à l’abri des menaces qu’on fait peser   sur leurs têtes.  On fait ainsi un grand mal à la démocratie,
car chaque fois qu’on tombe dans la diabolisation, on perd.  Chaque fois qu’on tombe dans la
simplification et la caricature, on perd. 
Et, chaque fois qu’on  verse dans l’extrémisme,
on perd.

Ibrahima SANOH

Citoyen guinéen

Président du   Mouvement Patriotes Pour l’Alternance et le
Salut.

L’article Je m’étonne que sur les différentes lites du FNDC… (Par Ibrahima Sanoh) est apparu en premier sur Guinee7.com.

Autre articles