De quoi se plaint la Société Guinéenne ? (Par Mohamed Lamine KEITA)

Les régimes et
gouvernements antérieurs ont tellement contenté les guinéens du pain et du toit
misérable que le bien-être véritable ne nous intéresse plus. Les bas quartiers
et les villages sont les théâtres d’expédition à la recherche quotidienne du
pain, de l’eau et du riz, symboles de la réussite du Safari journalier. 

Des
routes non tracées ou jamais creusées par une pioche ou bien défoncées jusqu’à
la gueule, les vrais galériens qui ne disposent même pas de vélos s’en moquent
de leurs états piteux. Des manques ou non d’électricité et d’eau potable, les
vrais agacés escaladent tout obstacle et viennent se contenter de l’eau de
marigot, du petit forage du village ou du voisin dans le quartier. Il allume la
nuit tombée sa bougie, sa lampe torche, sa lampe à pétrole ou sa lampe
chinoise. 

Mais
bizarrement, de toutes les révoltes des masses, jamais personne ne s’est insurgé contre
cette vie pénible maintenant que l’on sait à travers télé et téléphone,
ordinateur et terminaux intelligents… via internet, que le monde avance et
comment. Les populations s’en foutent des infrastructures et tout ce qui est
commun et public. Elles les cassent et les font disparaître d’ailleurs,
tellement que la misère de vivre et la recherche du pain, du riz et de l’eau
ont occupé les Esprits. Le beau et le bien-être nous sont disparus des
calculs. 

Quand
Bambeto, Zogota, Womé, le Pont 8 Novembre, le Stade du 28 Septembre, … furent
mes douleurs à jamais, ma foi rejoignit celle des âmes de Guinée pour que
meurtri je sois. Autant que ceux qui dont les fils et filles sont partis dans
la douleur. Pour que je ressente et sente que ni la haine ni la vengeance ne
constituent notre issue pour une Société qui aspire à la grandeur et dont les
défis nous tutoient. 

Mais
la triste réalité est qu’ils seront encore là à décompter les nouvelles
victimes des violences qu’ils orchestreront sans se lasser, jusqu’à
satisfaction de leurs égos surdimensionnés. Ils le feront sans doute encore avec
des larmes de crocodiles pour chercher à émouvoir ce peuple martyr qui les a à
présent jusqu’au cou. Et entrevoir Bambeto et son cimetière qui frustrent
pendant que les receleurs de l’émotion et de la peine se mettent encore debout
à ses pieds, rien de plus affligeant et écœurant. Rien de plus révoltant quand
l’âme humaine sert de marchandage et de bouc à pression. 

Nos
exigences sont en différé d’avec l’évolution et les exigences du monde qui nous
défient. La force morale de nos peuplades jusqu’à nos individualités n’a pas
encore trouvé un nœud pour fédérer nos compréhensions de la vie et nos
volontés de changer notre destinée commune. 

Les
efforts du Président Alpha CONDÉ dans l’intéressement de notre Société à la vie
de la Nation et le rassemblement vers l’essentiel dans notre vivre ensemble est
un exploit néanmoins, au vu de ce qui nous précède et les caractéristiques de
violence d’une partie de l’élite devenue manipulatrice à dessein à des
fins égoïstes et nombrilistes. 

Notre
désir d’élévation personnel et celui de notre élévation en tant que Peuple
devraient converger quelque part là-bas, où l’urgence reste, l’harmonie d’une Société d’amour
et de pardon. Une Société dans laquelle on économise les vies humaines par le
dialogue et l’entente. Une Société où on émancipe les plus pauvres et on intègre
les plus faibles. Une Société où suffisent les regards, paroles et actes
francs, sans nul besoin d’importation de règles de vie. Une Société des
lumières mentales où ne subsisteront que paix et paix des cœurs par la foi,
l’assurance et la confiance dans l’Avenir. 

Repenser
la Société guinéenne et ses ambitions, un devoir mémoriel et futuriste des
justes ! 

Je
vous salue. 

Mohamed
Lamine KEITA 

Écrivain,
Poète 

Président
du Mouvement 

JEUNESSE
RÉPUBLICAINE

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