Un arsenal exposé par la police guinéenne : Des trafiquants, un Malien et un militaire guinéen arrêtés

C’est dans
les locaux de la direction de la police judiciaire sise à Kaloum (centre-ville
de Conakry), que son directeur, le commissaire Aboubacar Fabou Camara, a
présenté à la presse des armes saisies à Conakry avec des civiles et des militaires.

Ce sont
trois opérations, datant des 6, 13 et 19 mars, qui ont permis de mettre main
sur ces armes. D’après le commissaire Aboubacar Fabou Camara, cet arsenal
servait au ‘‘trafic d’armes’’.

‘‘Au cours
de nos missions régulières, nous avons été avisés de la saisie d’une importante
quantité d’armes de guerre par les services de la gendarmerie nationale, chargés
de mener les investigations. Les personnes ci-après ont été mises à notre
disposition. Il s’agit de l’adjudant Mamadou Saidou Diallo dit Dôss, en service
au bataillon autonome des troupes aéroportée (BATA) et de monsieur Samba
N’Dawe, un sujet malien qui vit en Guinée, notamment à Mafanco’’, a-t-il signalé.

Toujours
selon lui, ces armes et munitions retrouvées chez ces deux individus sont
variés, ce sont des : PMAK, PKM, des carabines, des roquettes RPG, des
caissettes de cartouches de 12,7 millimètres…

‘‘Toutes ces
pièces d’armes que nous avons exposées ici, ont été saisies sur les deux
personnes. Cela veut dire quoi ? si les armes qui sont aujourd’hui utilisées
dans le cadre de la défense et la sécurisation des personnes et de leurs biens,
se retrouvent dans la main des personnes civiles et stockées soit à domicile ou
transportées librement dans leurs véhicules ; nous devons nous poser la
questions de savoir à quoi ces armes-là, allaient servir ? Nous avons
réussi à mener des investigations et ces personnes ont effectivement reconnu
qu’ils utilisaient ces armes-là dans le cadre du trafic d’armes. Si au début
ces armes étaient destinées à certains pays limitrophes, il a été révélé par
ces mêmes personnes qu’il y a plus de 4 ans la plupart de ces armes-là, ils n’ont
pas eu l’occasion de les envoyer à l’étranger. Cela sous-entend, que n’étant
pas à l’étranger, stockées dans les maisons ici, ces armes-là, trouvaient
porteurs sur place ici. De toutes les façons, nous avons continué nos
investigations, des personnes ont été donc, notamment certains militaires qui
leur livraient ces armes et d’autres qui sont en fuite. Ces personnes qui ont
été citées comme ceux qui leur ont livrées ces armes, on fait objet
d’interpellation et ont reconnu effectivement avoir émis ces armes-là à ces
personnes civiles et d’autres qui sont militaires’’, a informé le commissaire
Camara.

Comme
conclusion le directeur a appelé la population à la ‘‘vigilance’’ et à apporter
toutes les informations nécessaires pour la lutte contre la grande criminalité.

Le militaire n’a pas droit, j’ai failli à mon devoir, je demande le pardon à toute la population guinéenne

Face à la
presse, le présumé trafiquant d’armes, l’adjudant Diallo Mamadou Saidou a
reconnu avoir été interpellé pour le cas de ‘‘trafic d’armes’’ : ‘‘Ils
m’ont saisi 20 caissettes de 7 62 fois 39, c’est les munitions de PMAK et 20
canons de PKM, avec 5 PMAK…Moi j’avais juste un contact qui s’appelait Samba
Dawe qui achetait avec nous, et envoyait à Bamako. Il me payait une PMAK à 2
millions 500. C’est la première fois de faire avec Samba DAWE. J’ai connu Samba
DAWE à travers le feu vieux Doumbouya, qui venait dans le camp, nous achetait à
manger et nous approchait.’’

‘‘Le
militaire n’a pas droit, j’ai failli à mon devoir, je demande le pardon à toute
la population guinéenne. C’est une honte’’, a-t-il reconnu.

Interrogé en
Bambara, Samba Dawe a également reconnu les faits de ‘‘trafic’’ avant
d’expliquer les circonstances de son interpellation : ‘‘On m’a pris avec
des armes. C’est Doss qui m’a appelé qu’il a des armes, de se rencontrer vers
la soirée au carrefour de Mafanco. Arrivé là-bas, je l’ai appelé, il m’a dit
qu’il venait moi je ne savais pas qu’il était déjà interpellé. Il est venu et
il est venu avec des gens, c’était des militaires, mais ils étaient en civil,
c’est là-bas ils m’ont pris. C’est de l’argent que j’avais avec moi là-bas, 22
millions 500 et ma moto.’’

Avant de
lancer plus loin : ‘‘Je veux qu’on me pardonne.’’

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com

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