Le « nabayagate » : solidarité suspecte et bancale du gouvernement

La presse a révélé ce jeudi que la ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Zenab Nabaya Dramé, s’est rendue coupable de détournement de deniers publics à hauteur d’environ 200 milliards GNF. Et surtout que ce scandale aurait été découvert à cause du carottage de l’argent donné à ce ministère par l’AFD pour lutter contre le Coronavirus. Un scandale auquel nous avons collé le titre de « nabayagate ».

Le premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, au nom du gouvernement, au lieu de déclarer ouvrir une enquête (par ses services, et/ou la justice), attraper le lièvre levé par la presse, pour rassurer l’opinion et surtout les bailleurs de fonds dont l’AFD –autrement dit, la France avec laquelle on a maille à partir ces derniers temps-, se contente de démentir sans s’appuyer sur des faits ; mais aussi menacer. « Le gouvernement se réserve le droit  de saisir, au tour de cette affaire montée de toutes pièces, la Haute autorité de la communication -HAC-,  pour interpeller les professionnels des Médias, à propos de la diffusion de fausses informations. La justice pourrait être aussi saisie pour identifier, à des fins de poursuites judiciaires,  toutes les potentielles sources de désinformations », martèle le communiqué.

Il faut, à bien des égards, relever que l’atypisme du communiqué le rend suspect et bancal. En effet, de nombreux hauts cadres (ministres et autres) ont été dénoncés par la presse sans bénéficier d’une telle « solidarité ». Seuls face à leur destin, ils se sont battus comme de beaux lions pour se sortir d’affaires.

En plus, le communiqué donne l’impression de protéger un apparatchik du régime, et pourtant le président a promis de faire la chasse aux «grilleurs d’arachide» qui qu’ils soient.

Qu’on se le tienne pour dit : du traitement de cette affaire dépend l’avenir du nouveau mandat d’Alpha Condé placé sous le signe de la lutte effrénée contre le détournement des derniers publics, la corruption, la gabegie, etc.

« Gouverner autrement », nous a-t-il promis. Autrement dit couper le cordon ombilical avec une gouvernance basée sur l’impunité. Ce n’est évidemment pas en nous invitant à un voyage en « Absurdistan » qu’il réussira ce pari. Il nous faut des signaux forts pour ne pas regretter notre choix.

Par Ibrahima S. Traoré pour guinee7.ccom  

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